16.12.10

L'uchronie ou le temps du rêve

L'uchronie ou le "non-temps". Jeu pour grands enfants, cette utopie de relecture des souvenirs commence souvent par : Et si...

Si le nez de Cléopâtre blablabla... Et si ce jour-là, il avait fait beau peut-être que... Voilà comment on peut changer l'histoire au moins pour se faire du bien. Les romans de science fiction, les documents historiques, les gamins qui jouent rêvent grâce à l'uchronie.
Le temps des fêtes semblent idéal pour imaginer un monde plus beau, plus drôle.

> Si Madame De Fontenay était ivoirienne, son pays aurait 2 miss.
> Si De Gaulle n'était pas mort, il porterait des talonnettes.
> Si John Lennon chantait encore, il aurait fait un duo avec Zaz.
> Si Wikileaks était dangereux, il aurait publié les notes du dernier G vain.
> Si la burqa était glamour, la mode serait au décolleté de sourcil.
> Si Berlusconi dirigeait vraiment l'Italie, il serait moins bronzé.

À vous de jouer ;)

1.12.10

Wé Wé Web : aujourd'hui, le Photobombing

Que serions-nous sans le web et ces artistes transgressifs, ces rebelles virtuels, ces boutonneux qui détournent sans scrupules nos mauvaises habitudes pour en faire pire ?

Le photobombing est l'art délicat de pourrir une photo via l'arrière-plan, terrain propice aux glissades en tout genre. Comme beaucoup de phénomènes Internet, le Bombing en règle était d'abord une idée de potes (genre "j'te fais des oreilles de lapin sur ta photo de classe et plus tard tu en riras. Ou pas."), avant de déchaîner les reprises et les hommages du monde 2.0






La plus célèbre de ces œuvres est celle de ce mignon petit écureuil gâchée par ce couple d'idiots au fond.




Il existe bon nombre de façon de procéder pour flinguer un portrait de famille, un profil Myspace puissant, une image love toujours, la meilleure restant le hasard.

Top 3 de Photobombing version LOL d'or.















1. Le "mékeskifoulalui" fait toujours son effet.















2. Le génial "keskilabouffécenaze" tient la corde
















3. Une pensée émue à tous les cyclistes de l'extrême


Enfin, puisque la critique du bien-fondé de toutes ces images souvenirs n'est pas notre propos (WTF ce jogging rose PQ et la pause tendresse au McDo'), gloire à ces mamans (et autre mamies, voir l'article du dessous) spécialistes de la photo de profil moumoute, ces chiens qui ont bien mangé, ces canards esthètes et ces clientes de pizzeria sous acide.

Merci Internet.



30.11.10

Wé wé web

Petite revue des trouvailles Internet des derniers jours. La moisson de quiches fut bonne.










Et pour finir en douceur, un vrai loukoum. Facebook, truc de ouf.

28.11.10

Addicts à la fiction du réel

Arte se lance dans la webfiction avec classe. Deal entre Vincent Ravalec et la chaîne inventive franco-allemande, Addicts est un produit original, taillé net avec une bonne longueur d'avance.

Addicts n'est pas un artéfact de substitution. Pensé pour et par le web, il se coule dans les veines virtuelles. Se servant sans complexe de tout ce que fournit Internet, la 1ère véritable web-fiction française multiplie sa durée de consommation. Prisée avidement ou appréciée en petite bouffée, à chacun son planning de shoot.

Le fil conducteur est une enquête policière. Un enfant a été enlevé et une grosse somme d'argent a disparu. L'originalité est que cette histoire prend place dans une cité où se tourne un film documentaire. Les personnages principaux, Saad (Cédric Seraline), Damien (Renaud Lefèvre), Djibril ( Sékou M'Ballo), sont 3 jeunes trimballés entre argent facile et réinsertion. La dernière est Anna (Florence Loiret-Caille, la seule comédienne professionnelle) qui campe la cinéaste du doc. Tous sont suivis séparément dans des "modules"de 3 minutes, séances d'interrogatoire dirigées par les flics chargés de l'enquête de base. Chaque épisode contient 5 de ces modules, la série compte 16 épisodes que l'on peut voir dans l'ordre sur le site d'Addicts. Voilà pour la trame grossière.

Les offres singulières commencent avec toutes les autres entrées proposées pour intégrer l'univers imaginaire du quartier du Lac. Par épisodes bien sûr, mais aussi par personnages, par territoires, par "Backstages" (scènes tournées en marge de la série dans la cité des Aubiers où se joue Addicts) ou par "Timeline" (regroupement des "empreintes numériques" laissées par les personnages sur la toile). Brouillage en règle de la frontière entre le réel et la fiction.
Vincent Ravalec, écrivain, scénariste et maintenant réalisateur, s'est créé un joujou à sa taille en élaguant ses chemins de traverse. Et dans cette forêt d'idées, l'une transcende l'ensemble. Les traces numériques d'Anna ou de Djibril, à coup de blog, de vidéo postée, de tweet ou de profil Facebook agrandissent la vie de ces gens qui jouent et de ceux qui les suivent.

25.11.10

Mortel, c'est l'hiver

À l'ouverture annuel de la campagne d'hiver des restos du cœur, il est temps de faire un premier bilan. DALO ? Mortalité ? "Plus personne ne sera obligé de dormir sur le trottoir" (Candidat Sarkozy, décembre 2006) ?

Article publié le 4 déc. 2008 (ancien blog, le Contre-Journal)

Il était une fois, dans une forêt glacée, une communauté oubliée. Ces hommes et ces femmes habitaient des abris de toile et de carton. Ils côtoyaient quotidiennement le froid, la faim et le mépris. Chaque jour ils risquaient la mort. L'hiver venu, ils se sentaient moins seuls...

"Je vais lancer une réflexion pour voir si on ne pourrait pas rendre obligatoire l'hébergement des personnes sans-abri quand la température devient trop froide en France". Voici le message de Christine Boutin à la sortie du conseil des ministres le 26 novembre (2008, ndlr) après la mort d’un 3e SDF dans le bois de Vincennes. En son temps, l’appel de l’abbé Pierre avait tout de même plus de classe. L’hiver 54, une femme était morte de froid dans la rue et le jeune prêtre émouvait la France par ces mots : "Toi qui souffre, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t’aime". Aujourd’hui on n’aime plus, on réfléchit et on oblige. Ça jette un froid.
Aujourd’hui, on punit aussi ceux qui tentent maladroitement de secourir les plus pauvres. Le DAL (Droit au Logement) vient de se prendre une bonne amende de 12.000 euros au tribunal de police. Son crime, avoir à plus de 300 reprises, commis une infraction de 4e catégorie en ayant «embarrassé la voie publique en y laissant des objets». Les tentes abritants des familles de mal logés rue de la banque entre octobre et décembre 2007 devaient gêner le ministère public. Les Enfants de Don Quichotte, eux, se sont vus (simplement !) confisquer leurs tentes pour leur action du canal Saint Martin. Tous ces voyous des associations encombraient les trottoirs et dérangeaient les riverains avec leur campement moche. La misère n’est pas esthétique et doit rester cachée.

Dans les bois éternels


En un mois, 3 morts de froid rien que dans le bois de Vincennes et 6 en tout sur la région Ile de France. Plus de 200 déjà cette année sur toute la France. Comme chaque hiver, les médias relaient ce décompte mortel des SDF et les politiques prennent acte des tremolos dans la voix. On se sent solidaire, on cherche des solutions. Puis arrive le printemps et comme la misère est moins pénible au soleil, on attendra l’hiver prochain.
Cette année pourtant, il y a une différence. C’est l’année où, selon le Président Nicolas Sarkozy, plus personne ne devrait dormir dehors. C’était en tout cas une des promesses du candidat à la présidentielle en 2006. C’est aussi l’année où doit se mettre en place le Droit au logement opposable (DALO).
Pourtant, ce qu’on retient en cette période glacée c’est la polémique gênante sur l’hébergement obligatoire une SDF, lancée par le ministre au logement et à la ville Christine Boutin. Lors d’un déplacement à Meaux (Seine et Marne), le Président a d’ailleurs pris position en rappelant qu’"il y a un équilibre de bon sens à trouver entre les intégristes de la liberté et de la mise d'office en centre d'urgence". Le temps de réflexion risquant d'être long, le réchauffement climatique n'est peut-être pas une mauvaise chose.