Qu'est-ce qu'on mange ? Cette question angoissante est celle qu'on se pose le plus au cours de sa vie. Contrairement aux interrogations existentielles qu'on cite pour se la jouer (TF1 ou Arte ce soir ? ; Le Darfour, est-ce que je m'en fous ou bien ?), manger nous occupe 3 fois par jour minimum quand on a de la chance. Jonathan Safran Foer a écrit sur le problème crucial de la bouffe dans Faut-il manger les animaux ? et a fini par en devenir végétarien.
Ce jeune new-yorkais n'est pourtant pas un fervent défenseur de la cause animale. À part son chien, il dit même ne pas les aimer. En revanche, cette tuerie de masse ne le laisse pas indifférent. Surtout quand l'industrie de la viande est une grosse pollueuse. Les déjections et les carcasses de porcs, de bœufs s'entassent. L'alimentation des élevages concurrence dangereusement celle des humains en terrain disponible et en moyen financier. Mais le pire est que la grande majorité des cheptels sont de piètre qualité. Bourrés d'antibiotiques de façon préventives (juste au cas où !), ces animaux que l'on mange sont également nourrit d'OGM. Oui, dans nos assiettes frétille un délicieux cocktail. Miam. Le lien entre viande et cancer n'est plus long à faire. D'ailleurs, Marie-Monique Monin, auteure du Monde Selon Monsanto, le fait dans sa nouvelle enquête Notre Poison quotidien en librairie en Mars.
Jonathan Safran Foer écrit sur l'industrie américaine c'est vrai. Avec sa technique de romancier, l'écrivain rend visible la réalité à base d'images efficaces. On apprend par exemple que si les américains mangeaient un plat de viande de moins par semaine, cela reviendrait à supprimer 6 millions de voiture sur les routes. Malgré tout, la surproduction européenne n'a rien d'angélique. Comme là-bas, nos volailles ne courent plus en plein air quoi qu'en disent les jolies étiquettes de nos supermarchés. Quelques fermes modèles existent bien sûr : le cochon noir de Bigorre, celui de Bayeux en Normandie, la géline de Touraine ou le coucou de Rennes pour le poulet. Mais pourquoi s'acharner dans l'élevage raisonné quand cela coûte beaucoup et rapporte si peu (absence d'aides gouvernementales et de lobbys puissants).Ce livre vous fera regretter la ripaille de Noël, pour autant il n'a pas la prétention de tous nous rendre végétarien. Tout au plus de nous faire réguler notre consommation. Au moins pour que ce petit problème quotidien du "Qu'est-ce qu'on mange ?" se pose de la même façon partout dans le monde.
